2020 / PAINTINGS work in progress

Biosphère, litho, hydro et atmo, la terre est sphère, Sur cette lithosphère, littéralement "boule de pierre", l’homme a développé son habitat, son labeur, son usinage, cette activité, cette influence devenant à elle seule assimilable, dans la modification quelle opère sur ce milieu, à une force géologique, selon la définition de l’anthropocène qui étudie et quantifie son effet. Une force qui perturbe, qui provoque la rupture des équilibres naturels…L’humain a laissé sa marque, une plaie sale et purulente, sur ce paradis dont il était le gardien, celui d'une pourtant résilience et généreuse matrice Nature. On peut retrouver les germes de cette dégradation, probablement, dans le rapport de l’Homme à sa foi… Là où, dans la préhistoire ou les cultures animistes, l’homme se conçoit comme faisant partie de la nature, dans laquelle tous les êtres vivent en symbiose dans un univers réceptif sans qu’une prééminence soit particulièrement conférée à l’humain, la bible et le monothéisme la conçoivent comme une création de Dieu, au même titre que l’homme, en dévoluant à celui ci, droit et pouvoir de l’asservir. La Nature était considérée comme le cadre spatial dans lequel les hommes, peu nombreux, exercaient leurs activités. ils en étaient solidaires, dans un échange avec des forces plus ou moins sacralisées, et la mise en place de rites respectant les différentes formes de vie… Par opposition à la vision païenne du monde qui dotait de divinités les objets naturels, la Bible fait très bien comprendre que le monde naturel a été produit par Dieu et qu’il lui est totalement soumis, sans être aucunement une part de lui. Ce message et ce potentiel permis de conquête, d’asservissement, sont génératrices du schisme qui va s’opérer jusqu'à nos jours, avec l’apparition de plus en plus fréquente de ces signaux d’alarme… ces manifestations spectaculaires, le dérèglement climatique et ses cohortes, comme une énorme colère qui viendrait mettre en garde cet humain suffisant et égoïste...elles sont la substance et l’inspiration de cette nouvelle série…quasiment de l'ordre du blasphématoire, cette nuisance inconsidérée, non envers une entité plus ou moins anthropomorphe qui porterait les différents noms de dieu, mais vis à vis de celle dont la simple manifestation incarne ce miracle, au delà des constructions théologiques… Cette histoire, et en particulier celle de la position de l’Humain par rapport à sa foi, ou à la Nature, fait également un écho récurrent à la thématique de mon travail, de Heathen (païen) à Melancholia.  Florence Aussenard

Ignis cuncta possedit


acrylique et huile sur bois- 80x60 cm


THE FLOOD - acrylique sur bois - 68x110 cm -                 waves-acrylique et huile sur bois 40x40 cm


2019 - GALERIES

RÉCEPTEUR / CRÉATEUR

Comme dans les philosophies orientales qui définissent une cosmogonie générée par des formes d’énergies complémentaires, deux principes, le créateur, et le récepteur, la notion de création me semble participer du même processus : Vous êtes initialement le récepteur, d’informations, de sensations, le travail de création va être de transformer ce matériau. Ce matériau, cette information tient maintenant d’un maelström médiatique. Une multiplicité de particules dont la vitesse ne permet pas de l’appréhender avec la perspective qu’elle mériterait pour être parfaitement compréhensible. Une forme de recul qui permettrait d’enrichir cette lecture, la rendre plus audible dans ce brouhaha, c’est de ça que participe l’élaboration de ma peinture…

Dans un premier temps, la pulsion est presque de l’ordre de l’empathie, d’un manifeste, dans mes peintures première période, avant 2014, OLDIES

Puis mon travail a pris une orientation un peu différente, avec l’emploi de techniques plus variées, enrichie de mon expérience passée du dessin et du graphisme numérique, c‘est occasion d'un état des lieux très éclectique, télescopage ethnique ou historique qui tient du CABINET DE CURIOSITES,

Ma dernière série importante GHOSTS OF AMERICA, elle, a vu le jour peu de temps après l’élection de Donald Trump en 2017...il y a eu interpellation sur l’enjeu affectif et culturel qui était pour moi lié à ce pays. En faire un inventaire, donner une figure à certaines de ses icones, évoquer ses fantômes, la persistance des mythes, ça a été le propos de cette série, sur laquelle j’ai travaillé presque deux années.

Par ailleurs, depuis presque une décennie que je poursuis ce travail de création, s’est opéré une forme de décantation, qui m’amène à travailler de façon récurrente sur ces thèmes dont on peu penser qu'ils définissent maintenant mon identité créative... Ils ne sont pas présentés ici dans un ordre chronologique puisque ils s’inscrivent au delà de cette notion

LOST EDEN exprime à la fois une fascination pour les peuples premiers mais explore aussi les rivages animistes, cette notion de sacré liée à la Nature et le souvenir du premier jardin…

Cette nostalgie est la substance de MELANCHOLIA, un rêve rémanent et obsessif, qui s'incarne dans des personnages ou héros d'un temps d'avant

FLORENCE AUSSENARD


ATELIER NERVILLE

RECEIVING / CREATING

Eastern philosophies define a cosmogony generated of complementary energies, two principles, the Creative and the Receptive, a duality that generates a perpetual movement. The notion of creation appears to me as the same kind of process: You receive information, feelings, sensations, and the creative work will be to transform this material. Those informations are a real media maelstrom. A multiplicity of particles whose speed does not allow you to apprehend it with the distance it deserves. A perspective that would enrich this reading, make it more audible, is the matter of my painting. At first, the impulse is almost a matter of empathy, a manifesto, those are my paintings before 2014, OLDIES (but goodies) …

More recently, my work has taken a slightly different direction, using a larger variety of technique, enriching it with my past experience of drawing and digital graphism. A very eclectic chapter, ethnic or historical telescoping this is my CABINET DE CURIOSITES,

The last major serie, GHOSTS OF AMERICA, was born shortly after the election of Donald Trump in 2017. There was an emotional and cultural issue related to this country fore me.... Look for the imprint of the starry dream, give a figure to some of its icons, its ghosts, beyond the persistence of myths... An adventure of almost two years, a great journey…Moreover, for almost a decade that I‘m working as an artist, it happens a sort of decantation in my creation, which leads me to work recurrently on themes that are now defining this creative identity, which are therefore presented here apart from a chronological order…

LOST EDEN. expresses both a fascination for the first peoples but also explores the animist shores, this notion of the sacred linked to Nature and the memory of the first garden ...

this nostalgia is also the substance of MELANCHOLIA, a remnant and obsessive dream.

FLORENCE AUSSENARD


 "Dans l’orthodoxie chrétienne, qui va s’élaborer peu à peu, l’existence des anges devenus démons permet de trouver une réponse appropriée à la question du gouvernement critiquable et défectueux de l’univers visible sans abandonner le monothéisme originaire qui maintient l’idée d’un seul dieu totalement bon. Ni sa puissance ni sa bonté ne sont affectées par ses opposants. (....) La déchéance des anges reprend le même schéma dynamique que la déchéance des dieux anciens du polythéisme. La Bible utilise ce principe de déchéance en l’appliquant au genre humain : expulsion de l’Eden, destruction diluvienne de l’humanité. Les dieux du paganisme font de même en détruisant les générations humaines qui tournent mal, depuis les hommes de l’âge d’or jusqu’à ceux de l’âge de fer". L'invention du mythe des « anges rebelles

CLAUDE GILBERT DUBOIS