SORRY ANGELS

NOIR Du bannissement de l’archange des ténèbres Lucifer, pourtant porteur de Lumière, aux affres de l’esclavage et autres asservissement coloniaux, des actuelles migrations funestes qui voient sombrer par centaines les corps et les espoirs de ces errants venus d’ailleurs, il semblerait que cette couleur, celle associée à une "race" où à une puissance obscure, à la mort et aux deuils, porte par essence toute la damnation du monde judéo chrétien . J’ai essayé d’exprimer cette fatalité du noir, genre de malédiction primale, ou s’incarnent des destinées humaines, par l’image de personnages en errance entre deux mondes. Un espace temps virtuel mais aussi en lien à nos racines, celle du premier homme, et son indéfectible appartenance cette Terre. Cet espace est un jardin sans frontières minéral et cosmique, parfois totemnique. Il est figé dans le temps par ce noir et blanc cisaillé par la gravure. Il est éclairé par des astres parfois multiples l’OR des luminaires d’un panthéon imaginaire... l’OR qui cuirasse les corps ou masque les visages, travesti les figures de l’errance en héros d’une fable millénaire l’OR des masques ou des cranes, anatomique et ritualiste, qui vient en vis à vis des Anges Noirs en leur céleste domaine. Ce sont des dessins réalisés d’après des « ustensiles » à caractère médical. Ils ont la préciosité de cet extraordinaire machinerie humaine, et une équivalente cruauté, celle dont cet humain a fait preuve si souvent envers cet insemblable, de par sa couleur pourtant originelle..

GHOSTS OF AMERICA / 2018

Fantôme, du grec phantasma, de ces humeurs sombres qui hantent les limbes de nos sociétés vieillies, des spasmes au déploiement insondable d’avant la mue, ou l’Apocalypse...le reflet en sursaut d’un golden dream déliquescent, un rappel en écho à cette conscience sombre et puissante des racines. Une temporalité qui s’affole, poussée hors la nécessaire gestation du vivant.... Etas-Unis, 2017, sidération provoquée par un scénario inédit mettant en scène l’arrivée aux plus hautes fonctions du milliardaire animateur, l’élection de Donald Trump provoque un séisme mondial. Comme le ferait une glaciation soudaine, ce temps pétrifié tend à convoquer des séquences mémorielles, l'envie de revenir vers ce qui fait écho en nous dans cet imaginaire américain, en esquisser les contours, cette empreinte indélébile du rêve étoilé... C’est la trame de ces peintures, une gamme plutot monochromatique un peu altérée, revisitée parfois par la fluorescenCe des stencils .Des peintures, Une galerie de portraits, instantanés d'oubliés, et aussi l'utilisation de médias mixtes , dessins collages et numerique, dans une dimension plus graphique. Un temps particulier que celui qui voit ressurgir les démons, peut être avec l’espoir de leur donner un visage - nommer, identifier, et conjurer...Mais c’est avant tout la matière d’un rêve, l’or d’un soleil couchant sur Monument Valley, Hollywood et l'eclat d'un sourire parfait, éternité de glamour figée dans l'argent d'une pellicule. C'est le suspense d’un thriller, la zone d’ombre de tous les fantasmes, pègre d’hier, trader du jour ou serial ... FLORENCE AUSSENARD

FA PEINTURES 2011/14