INTO THE WILD

Peintures inspirées des films de TarkovskI, notamment de "Stalker", le récit d’aventuriers de la "Zone", échappés d’un monde aux tonalités d’un Sépia déliquescent ... immersion dans un univers végétal, sanctuarisé, ou la nature a repris ses droits ... omniprésence du vert, qui phagocyte les ruines, ocres de l’alchimie corrosive, à l’œuvre sur les vestiges carossés d’une froide guerre ... homme gisant, comme dans un rituel d’abandon à la la Terre, figure extatique au sein de la matrice.

Paintings inspired by Tarkovsky’s films, notably "Stalker", the story of adventurers in the "Area", escaping from a déliquescent world of sepia shades AREA : a forbidden zone, a total immersion in a vegetal world, a sanctuary where nature took back its rights ... ubiquity of green, engulfing ruins.. corrosive ocher of the alchemy at work, on remnants of a Cold War... Lying man, as in a surrender ritual to Mother Earth..ecstatic figure within Matrix.  

"Lieu de tous les fantasmes et de toutes les légendes, tabou absolu dont les autorités interdisent l’accès et dans lequel ils n’osent pas même se risquer, la Zone fascine. Qui a créé cette Zone ? Pour quelle raison ? Inconnue effrayante, beaucoup n’en sont pas revenus. Aucune rationalité ne semble avoir de prise sur elle. Les règles de la physique la plus élémentaire ne s’appliquent pas là où la ligne droite n’est pas le plus court chemin et où on ne peut revenir sur ses pas. Mais que viennent y chercher ceux qui bravent le danger ? « Le bonheur » suppose le Stalker. Car elle laisse passer « ceux qui n’ont plus aucun espoir ; ni les bons ni les mauvais, mais les malheureux. » Lui-même est de ceux-là, laissé pour compte de la société ne vivant que pour la Zone. « Je me sens partout en prison » et la Zone est son refuge, son Eden, le seul endroit où il se sente vivre, ce que les hommes n’ont pas souillé, l’endroit le plus calme du monde, l’espace du dernier espoir. Tel un conservateur, il défend qu’on y touche quoi que ce soit. Apprentissage de la foi, plaidoyer pour la renaissance de l’espoir, métaphore de la création artistique, éloge de la nature et de ceux qui souffrent, Stalker est tout cela et bien plus encore. Sa charge humaniste et métaphysique en font une réflexion intemporelle et inépuisable, sa puissance esthétique et sa densité poétique une œuvre rare et déroutante, qui nous fait perdre pied de la réalité pour lui substituer une vérité sublime, fragile et rédemptrice. S’il est des films dont on ne ressort pas indemne, de ceux de la dimension de Stalker on ne ressort jamais vraiment."