LITHOSPHÈRE

Lithosphère

 

Un intitulé qui n’est pas une formule imposée... Même si la catastrophe est une lueur plus ou moins sous jaçente dans mon travail, je crois qu’il est des temps d’emballement, des événements, des éléments, et en réaction, une forme de sidération par rapport au constat de notre impuissance, qui demande une  "respiration particulière"....

 

On ne peut pas s’agiter plus vite encore, au gré des soubresauts du monde, sans cohérence... d’une façon intuitive ou revendiquée, l’humain par bribes cherche ce souffle...j’emploie ce terme un peu en référence au latin anima, désignant à la fois le souffle et l’âme, et qui incarne aussi, dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, la représentation féminine au sein de l'imaginaire de l'homme...

 

Tout cela, c’est probablement le besoin de tout cela qui bouillonne, et c’est ce lien avec cette forme d’éternité tranquille que peut incarner la nature, que réclame ce « civilisé » fourbu et désorienté...FA

LITHOSPHERE - collage numerique - 2020
LITHOSPHERE - collage numerique - 2020

MIXED MEDIA 2020/21

Dans un monde originel, le temps est fait de cycles, comme les saisons, ou sa mort, ce recueillement, ce repli, sont naturels, comme sont naturels l’exultation printanière et la radiance de l’été...

Tous ces phénomènes ont longtemps été au cœur de la vie des hommes, non qu’il aient été plus heureux, à l’aulne de nos critères usuels, mais il y avait moins de questions, parce que ce temps vécu dans ce kosmos (chez Socrate ce monde clos ou règne un ordre, par opposition au chaos) nourrissait cette anima.

Un monde animé, d’animas, et d’animaux en particulier, (de racine linguistique commune probablement sans hasard, bien qu’on ose encore se poser la question)...Des images, des figures de ce jardin d’Eden exempt de présence humaine et de sa potentielle mise en accusation pour souillure du royaume...

MONKEY STORIES - jet d'encre, encre, café et javel sur papier 25x29cm

SYMBIOSE

LICHENS ETUDE GRAPHITE 21X29 CM / 2020

La symbiose (du grec σύν sýn, ensemble et βίος bíos vie) est une association intime, durable entre deux organismes hétérospécifiques…

SYMBIOSE

 

Une notion ou des interactions présentes dans la nature et dans tous les règnes, à l’exception notable de l’humain, qui, s’il la pratique de fait dans certaines situations, se refuse d’une certaine façon à la considérer dans ce qu’elle peut avoir d’universel dans son modèle…

Ce vivre ensemble, expression devenue un leitmotiv de l’époque est donc la traduction littérale de cette relation mutualiste qu’est la symbiose…un fonctionnement qui interroge aussi sous sa forme parasitaire, où il devient source de nuisance pour l’un des organismes impliqué.

J’ai toujours été fascinée par la beauté, la graphie de cette espèce assez particulière que sont les lichens, qui fait écho également à l’univers maritime et ses algues… C’est en 1877, en étudiant les stades de reproduction, de croissance, d’adaptibilité, de survie pendant l’hiver, de ces végetaux, que le biologiste allemand Albert Bernhard Frank est amené à conceptualiser ce « symbiotismus »

 

Comment l’Homme pourrait se resituer dans son rapport à la Nature, son interaction avec elle, et s’interroger sur ce qu’elle peut avoir de parasitaire justement…dans cet relation de symbiose, l’élément parasité, l’hôte, s’étiole au profit du «colonisateur»...

Pas très difficile de réaliser à quelle point cette faculté unilatérale qu’a eu l’homme d’exploiter la Nature se rapproche de la notion, mais qu’elle est aussi implicite du danger, qu’en détruisant l’hôte, tel qu’il est convenu de l’appeler, il compromet ses propres chances de survie...

 

Une autre dimension intéressante est abordée par la biologiste Lynn Margulis, célèbre pour son travail sur l'endosymbiose. Elle considère que la théorie darwinienne, axée sur la compétition, est incomplète, et affirme qu'au contraire, l'évolution est orientée par des phénomènes de coopération, d‘interaction et de dépendance mutuelle entre organismes vivants.

 

Une conclusion ou une perspective que je trouve intéressante, par sa dynamique, et qui se devrait d’être un principe civilisationnel...on en est loin, en particulier pour la partie coopérationnelle... FA

 


LICHENS- études : graphite sur  papier -variations

2020 / PEINTURES

LITHOSPHERE

Biosphère, litho, hydro et atmo, la terre est sphère...

 

Sur cette lithosphère, littéralement "boule de pierre", l’homme a développé son habitat, son labeur, son usinage, cette activité, cette influence devenant à elle seule assimilable, dans la modification quelle opère sur ce milieu, à une force géologique, selon la définition de l’anthropocène qui étudie et quantifie son effet.

Une force qui perturbe, qui provoque la rupture des équilibres naturels…L’humain a laissé sa marque, une vilaine trace, sur ce paradis dont il était l’élu, celui d'une pourtant résilience et généreuse matrice Nature.

 

On peut retrouver les germes de cette dégradation, probablement, dans le rapport de l’Homme à sa foi… Là où, dans la préhistoire ou les cultures animistes, l’homme se conçoit comme faisant partie de la nature, dans laquelle tous les êtres vivent en symbiose dans un univers réceptif sans qu’une prééminence soit particulièrement conférée à l’humain, la bible et le monothéisme la conçoivent comme une création de Dieu, au même titre que l’homme, en dévoluant à celui ci, droit et pouvoir de l’asservir.

La Nature était considérée comme le cadre spatial dans lequel les hommes, peu nombreux, exercaient leurs activités. ils en étaient solidaires, dans un échange avec des forces plus ou moins sacralisées, et la mise en place de rites respectant les différentes formes de vie…

 

Par opposition à la vision païenne du monde qui dotait de divinités les objets naturels, la Bible fait très bien comprendre que le monde naturel a été produit par Dieu et qu’il lui est totalement soumis, sans être aucunement une part de lui. Ce message et ce potentiel permis de conquête, d’asservissement, me semblent génératrices du schisme qui va s’opérer jusqu'à nos jours, avec l’apparition de plus en plus fréquente de ces signaux d’alarme…

Ces manifestations spectaculaires, le dérèglement climatique et ses cohortes, comme une énorme colère qui viendrait mettre en garde cet humain suffisant et égoïste...

Elles sont la substance et l’inspiration de cette nouvelle page… FA

 

Ignis cuncta possedit

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THE FLOOD - acrylique sur bois - 68x110 cm

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